Tuesday, March 13, 2007

SOUVENIRS LILLOISES



Arriver dans une ville étrangère, reconstruire une routine quotidienne, sortir de notre valise ce qu’on était et disposer dans notre nouvelle armoire les vieux souvenirs à coté des nouvelles expériences. Soit qu’on ait été obligé, soit qu’on l’ai voulu nous mêmes, l’émigration constitue un point de départ où notre vie va être remise en jeu. Les obstacles sont nombreux : matériels, sociaux, économiques et culturels. Comment s’intégrer dans une culture d’accueil toute en conservant celle d’origine ? Le danger est double- renoncer à une culture en essayant d’intégrer la nouvelle ?- mais aussi les opportunité sont doubles : vivre notre culture dans la nouvelle vie. Les immigrés sont porteurs d’une double richesse culturelle, ils ont crée le pont entre deux cultures et deux pays. Ils sont citoyens du monde et en même temps ils conservent des spécificités qui les caractérisent par rapport aux autres origines. Le partage de ces spécificités peut augmenter la connaissance réciproque, l’échange interculturel et les ponts entre différentes communautés.
Pendant mes voyage j’ai tissé mes souvenirs d’enfance sur un collier que je porte toujours devant le cœur, n’importe où je me trouve dans le monde. Parfois je les raconte à un ami, parfois ils s’expriment tout seuls à travers mes comportements et mes habitudes. Moi, comme italienne du nord, je porte dans le cœur les Alpes bellunesi, le dur travail des agriculteurs des montagnes, les chansons des partisans que mon père me chantait pour vaincre la fatigue dans les promenades en altitude, la récolte des champignons dans les bois, les plongés dans les fleuves gelés, la polenta de la mamie,…

Je me suis retrouvée un jour à regarder au dehors d’une fenêtre qui coupait transversalement l’image de l’extérieur en me faisant voir un ciel bizarrement capricieux et des maisons des bricks rouges coupées à gâteaux. A' mon retour en Italie après trois ans, mon collier était plus grand et ses couleurs étaient multiples, parce que chaque personne que j’ai croisé dans ce morceau de vie, m’a laissé un peu d’elle même: la tranquillité d’Alis et de Marika, les estoniennes, l’énergie d’Andrzej, le polonais, l’optimisme de Ana, la bosniaque, la générosité de Mounir et Wassil, les algériens, les sages conseils de Sancie et Charlotte, les françaises, le chaleur de Valentina, Fabia et Massimiliano, mes trois rois mages.

Aujourd’hui je me sent plus riche, notre expérience et notre amitié m’a donné une connaissance qu’on ne peut pas retrouver dans les livres, qui n’est pas faite de mots, mais de gestes, d'échanges, des relations.

1 Comments:

At May 15, 2007 at 7:16 AM , Anonymous Anonymous said...

Très beau texte, tu écris vraiment très bien... tout cela te vient du coeur et atteint directement le notre.

 

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