BIENVENUE EN KARAMOJA
7 marzo
Chers amis,
Je suis ravie de voir vos réponses et je vous remercie pour l’affection que vous me démontrez. Je profite ainsi pour vous mettre à jour sur la situation d’ici, étant que les nouvelles sur l’Ouganda ne passionnent pas trop les médias.
Je viens de revenir du Karamoja et, au delà de tous les risques qu’on prend en voyageant sans escorte armé, je dois avouer que j’en ai plein le cœur. En Ouganda on n’a pas trop exploite' une telle ressource pour les touristes comme les kenyans ou les tanzaniens . Dommage et chance. Les animaux sont tellement rares désormais et les violences infra ethniques déchirent une terre enchantée. La terre des éléphants est maintenant une savane dangereuse. Néanmoins c’est la chance à nous de pouvoir encore voir des terres où la civilisation n’y peut rien, où les locaux sont en symbiose avec la nature. C’est un paradoxe, en leur donnant quelque chose d’un coté, de l’autre on porte avec nous ce contre lequel on veut les préserver. Cette ligne de paradoxe fait malheureusement partie de nos « choix forcées ». Quelqu'un c’est étonné de voir combien d’associations locales il y avait dans une ville comme Iriri, un tout petit village. On lui a fait remarquer que ceux là sont naît il y a quelque mois, quand des financeurs ont annoncé de vouloir s’appuyer sur le tissu social organisé pour faire ses projets. Et d’un jour à l’autre, hélas, une trentaine d'asso ont fait leur apparition !
Chers amis,
Je suis ravie de voir vos réponses et je vous remercie pour l’affection que vous me démontrez. Je profite ainsi pour vous mettre à jour sur la situation d’ici, étant que les nouvelles sur l’Ouganda ne passionnent pas trop les médias.
Je viens de revenir du Karamoja et, au delà de tous les risques qu’on prend en voyageant sans escorte armé, je dois avouer que j’en ai plein le cœur. En Ouganda on n’a pas trop exploite' une telle ressource pour les touristes comme les kenyans ou les tanzaniens . Dommage et chance. Les animaux sont tellement rares désormais et les violences infra ethniques déchirent une terre enchantée. La terre des éléphants est maintenant une savane dangereuse. Néanmoins c’est la chance à nous de pouvoir encore voir des terres où la civilisation n’y peut rien, où les locaux sont en symbiose avec la nature. C’est un paradoxe, en leur donnant quelque chose d’un coté, de l’autre on porte avec nous ce contre lequel on veut les préserver. Cette ligne de paradoxe fait malheureusement partie de nos « choix forcées ». Quelqu'un c’est étonné de voir combien d’associations locales il y avait dans une ville comme Iriri, un tout petit village. On lui a fait remarquer que ceux là sont naît il y a quelque mois, quand des financeurs ont annoncé de vouloir s’appuyer sur le tissu social organisé pour faire ses projets. Et d’un jour à l’autre, hélas, une trentaine d'asso ont fait leur apparition !
Heureusement l’émergence IDPs (internal displaced persons) dont je vous avais parlé a été pour le moment écartée. La coordination a assez bien marché et a réussi à empêcher ce la creation des nouveaux IDPs camps. Les personne on été transporté au nord, mais la coordination a réussi à les reconduire à leurs village, à placer les orphelins dans une boarding school sous la surveillance d’une autre ONG et à donner de la terre pour qui ne savait pas où retourner.
Maintenant faire comprendre que si l’opération a bien marché, cela ne veut pas dire avoir résolu le problème, c’est un autre chose. Parfois des solutions sont moins difficiles de ce qu’on pense. Par exemple, si on va voir le pourcentage des enfants qui s’enfuit à Kampala, on s’aperçoit que la plus grande partie part pendant les vacances scolaires. Pourquoi ? Peut être-t-elle une vacance ??? La raison est bien simple : parce que pendant les vacances ils sont privés des repas quotidiens de l’école et à la maison ils constituent une bouche en plus. Mettre les écoles en condition de donner tjr à manger, peut empêcher environ le 50% des départs. Mais personnes ne pense au long terme pour le moment...
Plus, je peux vous annoncer que le projet de placer les personnes qui vivaient dans une structure d'accueil provisoire en Karamoja a été mené à bien. J’ai ressenti une forte émotion de voir le village construit avec le projet que j’ai écrit et connaître les personnes qui y habitent. C’est un village traditionnel, construit par des femmes, celles qui connaissent comment conduire une vie sédentaire (ils sont les hommes à avoir une vie semi-nomade). J’ai laissé les autres poursuivre et je me suis arrêtée pour m’asseoir dans une cabane. Les femmes travaillaient dans les maisons à coté. Personne ne se demandait qu’est ce que l’autre était en train de faire. Moi, je regardais la savane. Qu’est ce qu’il est beau de vivre chacun à sa façon. Je m’interroge désormais trop fréquemment sur qu’est ce que c’est le bonheur et quelle est la façon de le rechercher...
Pour ce qui me concerne vivre dans « le bush » a été une expérience très enrichissant. Déjà ne pas avoir de mur autour de la maison, ni des gardes armés est bien relaxante. Le petit village est contrairement à la capitale, très accueillant et familial. On peut tranquillement se promener et se faire des amis. Je suis devenue copine de la demoiselle qui travaille dans notre maison et elle m’a donné la chance de bouger avec elle. A Kampala les gens sont plus réservés. En Karamoja on ne crainte pas de t’approcher et de se promener avec toi pour discuter un peu. Je ne vous dis pas marcher sous le soleil de la savane. Les rythmes de vie ici sont dictés par la force du soleil. Les personnes sont assez curieuses de voir un muzungu qui vient chez eux et s’assoit à coté d’eux. Ils m’ont bien accueillie. Et pour esquiver les requêtes d’argent (ou de mariage…) qu’une blanche fait naître spontanée, je me promenais avec mon cornet de chèvre plein de tabac local. C’est bien apprécié de se le voir offrir. Pour ce qui me concerne, j’ai naturellement essayé de me mettre aussi dans mon nez ce tabac…Le effets étaient très amusants à voir.
Malheureusement à coté de ces belles nouvelles, je dois reporter que la violence dans le nord ne s’arrête pas. Le désarmement continue et certaines zones sont vraiment dangereuses. Nombreux sont les attaques entre karamojong des différentes parties, mais aussi avec les ethnies des pays voisins. Quand ont était à Iriri, un petit village à coté du camp IDPs de Kobulin, des karamojong ont volé le bétail qui était surveillé par les militaires. Environ 140 vaches. C’est cela leur richesse. C’est cela la clé de vie d’une culture entière. La représaille ne s'est pas fait attendre.
Dans les parties plus dangereuses de la région on voyage pendant la nuit. Une épisode rigolote c’est qu’entre poussière et trous dans la rue à un certain point on ne s’était pas aperçus d’avoir au milieu de la rue un carre armé sans lumière. Vous pouvez imaginer de se fracasser sur une carre armée ??? Je dois avouer qu’en tous cas, cela faisait un très mauvais effet de trouver une telle machine placée là pour "agir" autour de nous…
Mon retour à Kampala signe pour moi aussi le début d’un autre projet. Mon projet Cinéma a été approuvé ! C’est un projet de micro crédit pour une association locale dans le quartier rouge de Kampala. A travers un cinéma didactique et des activités sportives on cherche à donner aux enfants une alternative au dehors de la bidonville. Mais cela c’est une autre histoire !
Vous savez, cela a été vraiment dommage d’arriver à l’année de fac je t’attendais de longtemps et n’avoir pu profiter de ses cours. Mais mon université maintenant c’est le terrain. C’est un école de vie, qui m’ouvre des univers des couleurs différents et contrastantes, des savoirs construits en vivant. Il n’est pas facile de tout comprendre, il n’est peut être même pas possible, mais heureusement la faim de savoir ne s’arrête jamais.
Cela dit, je me souhaite de recevoir bientôt des lettres de vous tous. La vie ici m’enrichisse chaque jour et m’apaise, mais parfois la solitude s’attache comme une bête rare.
Je vous envoie des énormes bisous.
Erika

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